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Eramet: La mise en oeuvre du sauvetage de la SLN devient pressante
information fournie par Reuters 20/02/2019 à 21:04

PARIS (Reuters) - Eramet a publié mercredi des résultats 2018 freinés par des difficultés de production dans le nickel et par sa branche alliages et a souligné que la nécessité de mettre en oeuvre un "plan de sauvetage" pour sa filiale calédonienne, en proie à des pertes récurrentes, devenait pressante.

Le groupe minier et métallurgique a fait valoir dans un communiqué que ce plan pour la Société Le Nickel (SLN) nécessitait "l'implication de toutes les parties prenantes sur les premiers mois de 2019, dans un calendrier serré".

"Sa mise en place est indispensable sans quoi les prêts accordés par Eramet et l'Etat seraient épuisés en 2020, dans les conditions actuelles de marché. Pour y parvenir, la SLN est en dialogue permanent avec l'ensemble des acteurs concernés, notamment les autorités locales et les partenaires sociaux", a ajouté Eramet.

Le plan, défini fin 2018, prévoit la mise en place d'un nouveau modèle économique incluant une augmentation des volumes de minerai exporté, des progrès dans l'amélioration de la performance interne - avec une augmentation du temps de travail sur mine et une réorganisation -, ainsi que la réduction à court terme du prix de l'énergie.

Il vise à réduire le coût "cash" de production de la SLN, dont le résultat opérationnel courant s'est établi à -64 millions d'euros l'an passé, à hauteur de 1,30 dollar la livre en 2021 par rapport aux 5,8 dollars enregistrés de 2018.

L'année 2018 a ainsi été "particulièrement difficile en termes de productivité (...) compte tenu d'un contexte social et sociétal perturbé en Nouvelle-Calédonie", a souligné Eramet.

"Si on ne met pas en place le plan (...) et que les conditions économiques restent celles d'aujourd'hui, on a un problème de trésorerie en 2020 (...), donc on ne peut pas continuer comme ça", a également déclaré lors d'une conférence téléphonique la PDG du groupe, Christel Bories.

"On ne peut pas avoir une crise de trésorerie tous les cinq ans, il faut bâtir un modèle robuste pour le moyen-long terme. Nous avons ce plan, la voie est étroite (...) mais nous avons un plan crédible (...)."

ERAMET VISE UN EBITDA 2019 PROCHE DE CELUI DE 2018

"Si on n'y arrivait pas, il faudrait probablement réfléchir à d'autres solutions. Mais on ne peut pas imaginer d'avoir systématiquement à renflouer une activité sans qu'elle ait des perspectives de redressement robustes et crédibles", a également déclaré Christel Bories.

Eramet a également indiqué que son usine de traitement du nickel de Sandouville (Seine-Maritime) avait une nouvelle fois pesé fortement sur ses résultats avec une perte de 57 millions d'euros, en raison d'un redémarrage particulièrement lent après un arrêt à mi-année pour travaux de grande maintenance.

Pour l'exercice en cours, le groupe estime que sa croissance intrinsèque et les gains de productivité attendus "devraient permettre de compenser la dégradation actuelle des conditions de marché" et le conduiraient à enregistrer un Ebitda proche de celui de 2018.

Globalement, Eramet a enregistré l'an passé un résultat opérationnel courant de 581 millions d'euros (-4%), un Ebitda de 843 millions (-3%) et un chiffre d'affaires de 3,8 milliards (+5%).

Dans le même temps, son résultat net part du groupe a chuté de 74% à 53 millions d'euros, un chiffre qui inclut une provision non courante de 65 millions afin de prendre en compte le coût du traitement de la revue des processus qualité au sein de sa division alliages de haute performance.

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes attendaient en moyenne un résultat net part du groupe de 252 millions d'euros, un résultat opérationnel courant de 633 millions et un chiffre d'affaires de 3,8 milliards.

Eramet propose en outre un dividende en forte baisse, à 0,60 euro par action au titre de 2018 contre 2,30 euros pour 2017.

En 2019, le groupe prévoit de prendre des décisions sur deux projets clés : l'augmentation de sa production de minerai de manganèse au Gabon à 7 millions de tonnes en 2023 (contre 4,5 millions de tonnes visés en 2019) et la production de lithium en Argentine, qui représentent des investissements de 600 et 500 millions d'euros respectivement.

Le communiqué :

https://bit.ly/2NhpnM3

(Benjamin Mallet et Gus Trompiz, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

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1 commentaire

  • 20 février 22:36

    Incroyable ! Ça va être une boucherie effroyable demain. Condoléances.


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